inimicitias ponam inter te et mulierem
et semen tuum et semen illius
ipsa conteret caput tuum et tu insidiaberis calcaneo eius
- la prophétie vise l’Immaculée
- La via pulchritudinis vient pourtant enrichir cette représentation
- une controverse traditionaliste
Le Bx Pie IX énonce cette vérité à trois reprises dans la Bulle définissant le dogme de l’Immaculée Conception, que la prophétie est à entendre de la T.S. Vierge : Ineffabilis Deus
Ils [les Pères et les écrivains ecclésiastiques, nourris des paroles célestes] ont enseigné que par ce divin oracle : « Je mettrai l’inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et la sienne.» (Gen. III, 15.) Dieu avait clairement et ouvertement montré à l’avance le miséricordieux Rédempteur du genre humain, son Fils unique, Jésus-Christ, désigné sa bienheureuse Mère, la Vierge Marie, et nettement exprimé l’inimitié de l’un et de l’autre contre le démon. En sorte que, comme le Christ, médiateur entre Dieu et les hommes, détruisit, en prenant la nature humaine, l’arrêt de condamnation qui était contre nous et l’attacha triomphalement à la croix ; ainsi la Très Sainte Vierge, unie étroitement, unie inséparablernent avec lui, fut, par lui et avec lui, l’éternelle ennemie du serpent venimeux, le vainquit, le terrassa sous son pied virginal et sans tache, et lui brisa la tête[16].
[...]
Ils ont encore professé [...] que Dieu l’avait [la Très glorieuse Vierge] prédite et annoncée quand il dit au serpent : « Il mettrai l’inimitié entre toi et la femme » (Gn III, 15), et que, sans aucun doute, elle a écrasé la tête venimeuse de ce même serpent ; et pour cette raison, ils ont affirmé que la même Vierge Bienheureuse avait été, par la grâce, exempte de toute tache du péché, libre de toute contagion et du corps, et de l’âme, et de l’intelligence ; qu’elle avait toujours conversé avec Dieu ; qu’unie avec Lui par une alliance éternelle, elle n’avait jamais été dans les ténèbres, mais toujours dans la lumière, et par conséquent qu’elle avait été une demeure tout à fait digne du Christ, non à cause de la beauté de son corps, mais à cause de sa grâce originelle.
[...]
Nous avons la plus ferme espérance et la confiance la plus assurée que la Vierge Bienheureuse qui, toute belle et tout immaculée, a écrasé la tête venimeuse du cruel serpent et apporté le salut du monde [...]
Quelque signification que l’on donne au fait d’écraser la tête du serpent, on se le représente comme un acte de la seule T. S. Vierge. Soit qu’elle figure seule comme sur la Médaille Miraculeuse, ou qu’elle porte l’Enfant Jésus dans ses bras, elle seule agit.
Nul besoin d’illustration il suffit de clore les paupières.
l’Eglise affirmant que l’art sacrée et son histoire sont une des sources secondes de la Révélation (note théologique demain).
ainsi
- l’Immcolata Concezione de Cignani
- le Caravage
Emile Mâle nous donne l’explication dans une présentation du tableau :
Le passage de la Genèse que nous venons de citer avait donné lieu à des controverses entre les protestants et les catholiques. Les luthériens et les calvinistes, si hostiles au culte de la Vierge, soutenaient que le texte adopté par l’Église n’était pas le véritable et qu’il ne fallait pas lire : ipsa conteret caput tuum, mais ipse conteret caput tuum. Suivant eux, ce n’était pas la Vierge qui devait écraser la tête du serpent, mais Jésus-Christ lui-même.
L’Eglise savait que la traduction grecque des Septante donnait dans ce passage le masculin et non le féminin. Elle n’ignorait pas non plus que, dans certains manuscrits de la Vulgate, on trouvait ipse et non ipsa et que plusieurs docteurs, parmi lesquels saint Léon, avaient adopté la leçon ipse. Aussi avait-elle concilié les deux interprétations de la façon la plus ingénieuse. Jean de Carthagène, théologien de la fin du XVIe siècle qui a résumé cette controverse, écrit : « Il y a une lutte engagée entre la femme et le serpent, et c’est la femme qui en triomphe, mais elle en triomphe par son fils1. » Cette interprétation avait pour elle l’autorité du pape. Quelques années auparavant, Pie V, dans sa bulle sur le rosaire, s’était exprimé ainsi : « La Vierge a écrasé la tête du serpent à l’aide de celui qu’elle a enfanté2. » Ainsi, suivant l’Église catholique, le serpent avait été écrasé à la fois par la Vierge et par son fils.
On comprend maintenant pourquoi, dans le tableau du Caravage, l’enfant met le pied sur le pied de sa mère pour l’aider à écraser le serpent. Loin d’être une fantaisie de l’artiste, l’œuvre exprime une pensée de l’Église. Il est évident que le peintre n’a rien inventé et qu’il s’est conformé aux instructions qu’il avait reçues.
Le tableau du Caravage est donc un tableau théologique. On s’en étonnera peut-être, mais on ne tardera pas à en être convaincu quand on saura que le sujet qu’il a traité se rencontre assez fréquemment au XVIIe siècle, dans l’Europe catholique.
Ainsi des Papes ont pu attribuer au Christ de vaincre le serpent, d’après la leçon de la LXX.
La version grecque de la Septante (3ème ou 2ème siècle avant J-C) atteste clairement l’attente d’un messie personnel. En effet, elle traduit Gn 3,15 : « Il t’écrasera la tête » et le pronom grec « il » est masculin bien qu’il soit rapporté au substantif « descendance » qui en grec est neutre (tà sperma) [1]. Il aurait fallu le pronom neutre. Ce manque de concordance est volontaire, il veut signifier que le messie sera un individu, une personne unique, et non pas un peuple de façon générale.
Les tableaux représentant cette victoire figurant un acte réalisé uniment.
C’est bien la T. S. Vierge qui est la cause matérielle, formelle, efficiente, écrasant matériellement le serpent, d’un mouvement de son pied qu’elle initie seule. Mais pas sans l’Enfant Jésus.
Ces représentations picturales me semblent infiniment plus riches que l’image généralement véhiculée. Et aussi car y figure l’intimité, l’union des cœurs de Jésus et Marie dans cette même action.
ce verset fut commenté par Jean Paul II en déniant qu’il désignât la T. S. Vierge :
Ce texte a inspiré, à partir de l’ancienne version latine: « Elle t’écrasera la tête », de nombreuses représentations de l’Immaculée qui écrase le serpent sous ses pieds.
Nous avons déjà eu l’occasion de rappeler précédemment que cette version ne correspond pas au texte hébreu, dans lequel ce n’est pas la femme, mais sa lignée, son descendant, qui écrase la tête du serpent, le texte n’attribue donc pas à Marie, mais à son Fils, la victoire sur Satan.
citation facile à trouver, c’est nous qui mettons en gras.
L’abbé Castelain, directeur de la confrérie Marie Reine des Cœurs précisait
C’est pourquoi, nous sommes peinés de savoir que le Saint-Père, ait dit, dans sa catéchèse mariale du mercredi du 29 mai 1996 [...] Il y a là une rupture avec la grande Tradition mariale.
Le problème de l’exégèse de Jean Paul II semble donc
-d’exclure radicalement la T. S. Vierge
-et surtout de fonder cette lecture – et de faire prévaloir sur la leçon de la Vulgate – non la Septante et des affirmations magistérielles ou une opinion théologique antérieure, mais bien les textes massorétiques que l’on sait corrompus.
cette version ne correspond pas au texte hébreu, dans lequel ce n’est pas la femme, mais sa lignée, son descendant, qui écrase la tête du serpent, le texte n’attribue donc pas à Marie, mais à son Fils
Le problème de ce post est qu’il n’a pas d’appareil critique.





