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inimicitias ponam inter te et mulierem
et semen tuum et semen illius
ipsa conteret caput tuum et tu insidiaberis calcaneo eius

 

  • la prophétie vise l’Immaculée
    • Le Bx Pie IX énonce cette vérité à trois reprises dans la Bulle définissant le dogme de l’Immaculée Conception, que la prophétie est à entendre de la T.S. Vierge : Ineffabilis Deus

      Ils [les Pères et les écrivains ecclésiastiques, nourris des paroles célestes] ont enseigné que par ce divin oracle : « Je mettrai l’inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et la sienne.» (Gen. III, 15.) Dieu avait clairement et ouvertement montré à l’avance le miséricordieux Rédempteur du genre humain, son Fils unique, Jésus­-Christ, désigné sa bienheureuse Mère, la Vierge Marie, et nettement exprimé l’inimitié de l’un et de l’autre contre le démon. En sorte que, comme le Christ, médiateur entre Dieu et les hommes, détruisit, en prenant la nature humaine, l’arrêt de condamnation qui était contre nous et l’attacha triomphalement à la croix ; ainsi la Très Sainte Vierge, unie étroitement, unie inséparablernent avec lui, fut, par lui et avec lui, l’éternelle ennemie du serpent venimeux, le vainquit, le terrassa sous son pied virginal et sans tache, et lui brisa la tête[16].
      [...]
      Ils ont encore professé [...] que Dieu l’avait [la Très glorieuse Vierge] prédite et annoncée quand il dit au serpent : « Il mettrai l’inimitié entre toi et la femme » (Gn III, 15), et que, sans aucun doute, elle a écrasé la tête venimeuse de ce même serpent ; et pour cette raison, ils ont affirmé que la même Vierge Bienheureuse avait été, par la grâce, exempte de toute tache du péché, libre de toute contagion et du corps, et de l’âme, et de l’intelligence ; qu’elle avait toujours conversé avec Dieu ; qu’unie avec Lui par une alliance éternelle, elle n’avait jamais été dans les ténèbres, mais toujours dans la lumière, et par conséquent qu’elle avait été une demeure tout à fait digne du Christ, non à cause de la beauté de son corps, mais à cause de sa grâce originelle.
      [...]
      Nous avons la plus ferme espérance et la confiance la plus assurée que la Vierge Bienheureuse qui, toute belle et tout immaculée, a écrasé la tête venimeuse du cruel serpent et apporté le salut du monde [...]

       

      Quelque signification que l’on donne au fait d’écraser la tête du serpent, on se le représente comme un acte de la seule T. S. Vierge. Soit qu’elle figure seule comme sur la Médaille Miraculeuse, ou qu’elle porte l’Enfant Jésus dans ses bras, elle seule agit.

       

      Nul besoin d’illustration il suffit de clore les paupières.

      • La via pulchritudinis vient pourtant enrichir cette représentation

      l’Eglise affirmant que l’art sacrée et son histoire sont une des sources secondes de la Révélation (note théologique demain).

      ainsi

        l’Immcolata Concezione de Cignani

       

        le Caravage

       

      Emile Mâle nous donne l’explication dans une présentation du tableau :

       

      Le passage de la Genèse que nous venons de citer avait donné lieu à des controverses entre les protestants et les catholiques. Les luthériens et les calvinistes, si hostiles au culte de la Vierge, soutenaient que le texte adopté par l’Église n’était pas le véritable et qu’il ne fallait pas lire : ipsa conteret caput tuum, mais ipse conteret caput tuum. Suivant eux, ce n’était pas la Vierge qui devait écraser la tête du serpent, mais Jésus-Christ lui-même.
      L’Eglise savait que la traduction grecque des Septante donnait dans ce passage le masculin et non le féminin. Elle n’ignorait pas non plus que, dans certains manuscrits de la Vulgate, on trouvait ipse et non ipsa et que plusieurs docteurs, parmi lesquels saint Léon, avaient adopté la leçon ipse. Aussi avait-elle concilié les deux interprétations de la façon la plus ingénieuse. Jean de Carthagène, théologien de la fin du XVIe siècle qui a résumé cette controverse, écrit : « Il y a une lutte engagée entre la femme et le serpent, et c’est la femme qui en triomphe, mais elle en triomphe par son fils1. » Cette interprétation avait pour elle l’autorité du pape. Quelques années auparavant, Pie V, dans sa bulle sur le rosaire, s’était exprimé ainsi : « La Vierge a écrasé la tête du serpent à l’aide de celui qu’elle a enfanté2. » Ainsi, suivant l’Église catholique, le serpent avait été écrasé à la fois par la Vierge et par son fils.
      On comprend maintenant pourquoi, dans le tableau du Caravage, l’enfant met le pied sur le pied de sa mère pour l’aider à écraser le serpent. Loin d’être une fantaisie de l’artiste, l’œuvre exprime une pensée de l’Église. Il est évident que le peintre n’a rien inventé et qu’il s’est conformé aux instructions qu’il avait reçues.
      Le tableau du Caravage est donc un tableau théologique. On s’en étonnera peut-être, mais on ne tardera pas à en être convaincu quand on saura que le sujet qu’il a traité se rencontre assez fréquemment au XVIIe siècle, dans l’Europe catholique.

       

      Ainsi des Papes ont pu attribuer au Christ de vaincre le serpent, d’après la leçon de la LXX.

      La version grecque de la Septante (3ème ou 2ème siècle avant J-C) atteste clairement l’attente d’un messie personnel. En effet, elle traduit Gn 3,15 : « Il t’écrasera la tête » et le pronom grec « il » est masculin bien qu’il soit rapporté au substantif « descendance » qui en grec est neutre (tà sperma) [1]. Il aurait fallu le pronom neutre. Ce manque de concordance est volontaire, il veut signifier que le messie sera un individu, une personne unique, et non pas un peuple de façon générale.

      Aristide Serra

       

      Les tableaux représentant cette victoire figurant un acte réalisé uniment.

      C’est bien la T. S. Vierge qui est la cause matérielle, formelle, efficiente, écrasant matériellement le serpent, d’un mouvement de son pied qu’elle initie seule. Mais pas sans l’Enfant Jésus.

       

      Ces représentations picturales me semblent infiniment plus riches que l’image généralement véhiculée. Et aussi car y figure l’intimité, l’union des cœurs de Jésus et Marie dans cette même action.

       

      • une controverse traditionaliste

      ce verset fut commenté par Jean Paul II en déniant qu’il désignât la T. S. Vierge :

      Ce texte a inspiré, à partir de l’ancienne version latine: « Elle t’écrasera la tête », de nombreuses représentations de l’Immaculée qui écrase le serpent sous ses pieds.
      Nous avons déjà eu l’occasion de rappeler précédemment que cette version ne correspond pas au texte hébreu, dans lequel ce n’est pas la femme, mais sa lignée, son descendant, qui écrase la tête du serpent, le texte n’attribue donc pas à Marie, mais à son Fils, la victoire sur Satan.

      citation facile à trouver, c’est nous qui mettons en gras.

      L’abbé Castelain, directeur de la confrérie Marie Reine des Cœurs précisait

      C’est pourquoi, nous sommes peinés de savoir que le Saint-Père, ait dit, dans sa catéchèse mariale du mercredi du 29 mai 1996 [...] Il y a là une rupture avec la grande Tradition mariale.

       

      Le problème de l’exégèse de Jean Paul II semble donc
      -d’exclure radicalement la T. S. Vierge
      -et surtout de fonder cette lecture – et de faire prévaloir sur la leçon de la Vulgate – non la Septante et des affirmations magistérielles ou une opinion théologique antérieure, mais bien les textes massorétiques que l’on sait corrompus.

      cette version ne correspond pas au texte hébreu, dans lequel ce n’est pas la femme, mais sa lignée, son descendant, qui écrase la tête du serpent, le texte n’attribue donc pas à Marie, mais à son Fils

      Le problème de ce post est qu’il n’a pas d’appareil critique.


Inimicitias ponam
inter te et mulierem,
et semem tuum et semen illius


J’établirai une inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité

 

Il s’agit des paroles de Dieu au serpent. Dans cet Offertoire, c’est le Créateur lui-même qui s’adresse directement au serpent. C’est une malédiction, qui sera détruite par la victoire de la femme sur le serpent, sur les forces du mal. Il y aura un vainqueur et un vaincu.

 

Le mot important inimicitias est annoncé au début de manière implacable, dans la tonalité sombre du deuxième mode, la mélodie descend brutalement sur la quarte inférieure : La-Mi. Les notes essentielles de ce mot sont placées au dessous de la corde de récitation Mi-Sol. La mélodie ne s’élève pas, elle plonge dans les profondeurs et elle y demeure.

 

Ponam. L’acte du créateur est affirmé sur la première syllabe par une tierce vigoureuse ascendante dont la note finale est répercutée deux fois.

 

Inter te. la proposition inter exprime une distance. Cette distance est ici l’abîme qui sépare le bien du mal. La double répercution sur in est reprise par une triple répercution sur te qui fait paraître interminable la formule finale du neume en l’allongeant démesurément.

 

A l’apparition de la femme mulierem se produit un combat qui se termine par la victoire de la femme sur le serpent. La mélodie s’élève brutalement dans une double détente pour redescendre de la même manière à son point de départ. La force de l’élan n’est utilisée que pour terrasser l’adversaire. La femme victorieuse le maintiendra ensuite sous son talon, ce qui semble exprimé par les trois notes répercutées sur la syllabe rem.

 

La colère de Dieu est redoutable et les effets s’en ressentent de générations en générations, elle est exprimée par la répétition presque obsédante, à trois reprises, de la tierce mineure La-Do sur et semen

 

Il existe donc une descendance pour le serpent et une descendance pour la femme, la parabole de l’intendant infidèle opposera les fils de ce monde aux fils de lumière. Pour la semence du serpent, la mélodie effectue une double chute La-Sol-Mi qui correspondent aux notes initiales des syllabes (se
)men tuum
avec reprise de cette dernière note mi dans le porectus de la syllabeum

La descendance de la femme sera illuminée et attirée vers la lumière. La mélodie s’élève d’une octave en franchissant quatre paliers successifs au cours desquels la mélodie s’épanche et s’élargit de plus en plus.

 

Signalons que, pour donner à cet Offertoire la coloration sombre qui lui convient il est préférable de l’interpréter plus bas que ne l’indiquent les éditions actuelles.

 

 

    Pr. Jean Rivier
    Chef de Chœur des Chorales
    de Chamont (FSSPX) à Saint Chef et Notre Dame de l’Isle (ICRSP) à Vienne,
    Organiste titulaire des orgues de Crémieux, St Chef, les Avenières, etc

 

 

je tacherais d’ajouter les illustrations chantées de chacun des paragraphes si on le demande.

    La difficulté de rédiger ce post a retardé les suivants d’un mois, publiant pour les premières Vêpres de la Nativité de la T. S Vierge des commentaires sur son Assomption.

C’est surtout le sentiment de n’être pas à la hauteur qui m’a freiné, de ne pas trouver des expressions complètes de ce que la consécration de soi-même à la Sainte Vierge n’est pas un acte que nous posons pour notre mérite, quelque chose venant de notre part, un fruit de nos qualités, mais un moyen de la laisser agir pleinement librement dans nos âmes, conformément à l’ordre des choses. St Thomas d’Aquin expose à un moment (désolé pour la citation, je préfère finir de rédiger) qu’atteindre le bien peut se faire par un acte positif qui va réaliser l’union ou par un acte négatif qui va ôter l’obstacle qui empêchait l’union. La consécration à la Ste Vierge est de l’ordre du second, il a pour objet de créer un état de disponibilité, afin qu’elle puisse agir en nos âmes, inspirer notre volonté, illuminer notre intelligence, etc (enflammer notre affection :-) ) jusqu’à ce que le Christ soit formé en nous ! (Gal 4, 19)

Depuis quelques années je désirais me faire inscrire à la Milice de l’Immaculée (M.I.) et le 14 aout : jour anniversaire de ma naissance et fête de St Maximilien Kolbe dans le calendrier moderne. On n’échappe pas toujours à la sollicitude mondaine de nos proches, et je voulais avoir un anniversaire plus intime à fêter.

    Le P. Pierre m’a donc reçu dans la M. I. au couvent de Morgon, à l’autel de l’Immaculée, pour les premières Vêpres de l’Assomption.

On voit deux médailles : le P Pierre avait prévu une médaille miraculeuse provenant directement de Niepokalanow et j’avais apporté la plus grosse qu’offrait Fourvieres, une qui soit sobre, solide et belle et surtout qui ne se fasse pas oublier.

 

 

Dans le suite du post,

  • deux larges citations sur la nature de la consécration à la Ste Vierge
  • deux photos des premiers Vêpres de l’Assomption
  • ce qu’est la Milice de l’Immaculée
  • une fiche format 46 avec des formules de consécration à prier
  • une citation du Curé d’Ars sur les confréries

On recommande souvent l’étude des ouvrages de St Louis Marie Grignon de Montfort comme préparation, je conseillerais plutôt la Vie Intérieure de la T. S. Vierge par M. Olier.

J’en donnerai avant la fin de la semaine une version imprimable et un enregistrement.
Juste deux citations car il est tard :

  • Chapitre VII : Nativité de Jésus-Christ – Marie est la mère spirituelle de tous les chrétiens

Que si Marie est l’instrument dont Dieu veut se servir pour former en nous Jésus-Christ, quelle reconnaissance ne devons-nous pas à cette divine Mère pour une si inestimable faveur, qui, au rapport de Jésus-Christ même, nous élève à une dignité supérieure, dans un sens, à celle, de Mère de Dieu selon la chair! Plus heureux encore, répondit-il, ceux qui reçoivent la parole de Dieu et la gardent dans leur cœur! Réponse bien édifiante et bien instructive pour l’Église, puisqu’elle montre que Jésus-Christ préfère à l’honneur si privilégié d’avoir, conçu et porté son divin corps la condition de quelque âme que ce soit, qui, l’ayant conçu et fait naître spirituellement en elle, agira par sa grâce et par la vertu de son Esprit ;

[...]

Considérez, avec reconnaissance et bonheur, que vous êtes l’enfant de Marie, non pas quant à votre corps, mais quant à la vie surnaturelle de votre âme, qui est la plus excellente portion de vous-même, ou plutôt la seule qui puisse attirer sur vous les regards et les complaisances de Dieu.

[...]

Marie ne conçut seulement Jésus-Christ dans le mystère de l’Incarnation, elle vous conçut aussi vous-même en votre qualité d’enfant de Dieu. Comme vous étiez renfermé dans le sein de Marie avec Jésus-Christ, dans lequel nous étions tous contenus quant à la vie divine, ainsi que nos corps avaient été contenus dans Adam, figure de Jésus-Christ. Quel n’est donc pas votre bonheur d’avoir été conçu par une telle Mère, d’avoir été porté dans son sein, d’avoir été dès lors l’objet de son amour maternel, et de sa plus vive comme de sa plus constante sollicitude ! Quelle confiance ne devez-vous pas avoir en elle! Son sein a été, pour ainsi dire, le lieu de votre première résidence dans ce monde, le temple où vous avez été offert à Dieu par elle des milliers de fois. Votre mère, selon la chair, lorsqu’elle vous portait dans son sein, ne vous connaissait pas encore ; elle ne savait pas ce que vous seriez dans la suite, ni même si vous verriez le jour. Marie vous a connu à l’avance, elle vous a aimé ; elle s’est occupée des moyens de vous retirer du péché, d’assurer votre sanctification sur la terre et votre bonheur dans le ciel.

[...]

Marie n’en demeura pas là. Vous voyez dans l’Évangile, qu’après qu’elle eut mis au monde son  premier-né, elle l’enveloppa de langes, elle le fit reposer dans la crèche, elle le nourrit de son lait, et lui procura tous les autres soulagements que réclamait l’état de faiblesse dans lequel il avait voulu naître. C’est une image de ce que celte tendre mère a fait pour développer et faire croître en vous la vie nouvelle et. divine que vous aviez reçue par votre régénération. Ces langes, qu’elle avait si soigneusement préparés et avec lesquels elle enveloppa le petit corps de l’Enfant Jésus, sont la figure de ce qu’elle a fait pour préserver votre enfance de la contagion du siècle pervers où vous deviez vivre. La crèche où elle reposa l’Enfant Jésus est l’image de la sainte Église où, par la vigilance de Marie, et toujours sous ses yeux, vous deviez trouver un lieu d’assurance et de repos. Elle vous a nourri elle-même de son lait maternel, c’est-à-dire de la lumière et de l’amour divin, qui sont l’aliment des enfants de Dieu, et dont elle était remplie pour vous les communiquer selon, vos besoins dans les diverses rencontres de la vie. Elle a fait de ses mains la tunique dont elle couvrit le corps de l’Enfant Jésus, figure de son corps mystique, ou de son Église ; ainsi elle nous revêt, chacun en particulier, des mérites de son Fils et des siens propres dans les divers états où la Providence nous place, se montrant à l’égard de tous la véritable mère des vivants.

[...]

Cette divine mère a voulu vous avoir pour enfant, afin que vous lui donniez la joie de voir Jésus-Christ grandir, se fortifier et se développer dans votre âme. Elle a nourri et fait croître le corps du Sauveur par les soins qu’elle a pris de son enfance ; et elle veut développer sa vie en vous jusqu’à ce que vous arriviez à la perfection de cette vie à laquelle Dieu le père vous appelle. La vie de Jésus croît et augmente dans les chrétiens lorsque ce divin Sauveur ne trouvant point en eux de résistance, il fait paraître ses vertus divines et sa sainteté dans leurs œuvres.

[...]
Pour vous maintenir dans des dispositions si nécessaires, consacrez-vous tout de nouveau à Marie en qualité d’enfant, et promettez-lui de vivre à son égard dans l’abandon le plus filial et la dépendance la plus absolue. Elle étend sa sollicitude maternelle sur tous vos besoins, sur ceux du corps aussi bien que sur ceux de l’âme. Recevez donc comme de sa main la nourriture que vous prenez tous les jours, les vêtements nouveaux dont vous usez , tous les autres soulagements nécessaires ou utiles à votre conservation, en un mot, tout ce que la divine Providence met à votre disposition pour vous aider à passer la vie présente. Cette fidélité à tout recevoir comme de la main de cette aimable mère, entretiendra en vous les sentiments de piété filiale que vous lui devez, et contribuera puissamment à vous faire user de toutes ces choses d’une manière très-pure et très-chrétienne.

 

  • second extrait : du chapitre I Prédestination de Marie à la dignité auguste de Mère du Verbe incarné

C’est un bref commentaire du capitule que nous méditons aux Vêpres du Petit Office.

Dès qu’elle a connu le choix que Dieu a fait de vous pour vous amener à sa connaissance et à son amour, elle vous a aimées comme ses enfants ; depuis ce moment, vous avez été toujours présentes à ses yeux, toujours l’objet des affections de son cœur. Comme une mère remplie de sagesse, de prévoyance, de sollicitude, elle. s’est occupée de votre bonheur, avant que vous fussiez au monde. Dès l’instant de votre naissance, elle n’a cessé de veiller sur vous, elle vous a préparé de loin toutes sortes de secours, elle vous a facilité de toutes manières l’accomplissement des desseins que, de toute éternité Dieu avait formés sur vous.

[...]

Proposez-vous de lui témoigner votre reconnaissance, surtout les jours de ses fêtes et de ses octaves. Lorsque vous récitez son saint Office, lorsque vous assistez aux vêpres célébrées en son honneur, la veille, ou le jour de ses fêtes, renouvelez vos sentiments de gratitude envers elle, spécialement lorsque le prêtre chante ce beau Capitule, que l’Église ne se lasse pas de répéter toute l’année : Ab initio et ante sœcula creata sum. Figurez-vous que Marie, dans la personne du prêtre, adresse elle-même ces paroles à ses enfants, pour les exciter à la reconnaissance et à la confiance qu’ils lui doivent. Dans la voix du prêtre célébrant, l’Église, toujours conduite par la foi, ne veut entendre, en effet, que la voix de la très-sainte Vierge, qui prend plaisir à nous rappeler ses bontés anciennes, et à nous donner de nouvelles assurances de sa sollicitude et de son amour maternel. Dès le commencement et dès avant les siècles, dit-elle, j’ai été créée dans la pensée de Dieu le Père, pour concourir avec lui à la sanctification de ses enfants, qui sont aussi les miens ; et, dans toute la suite des âges, je ne cesserai point d’avoir pour eux la même sollicitude que j’ai fait paraître depuis qu’il m’a mise au monde, ayant dès ce jour exercé constamment devant lui ce ministère d’amour, dans sa sainte maison, qui est l’Église.
Lorsque le prêtre termine ce touchant Capitule, témoignez à Dieu le Père votre reconnaissance pour une si aimable et si ravissante invention de son amour ; et dites-lui, dans un saint transport d’action de grâces, avec toute l’Église, ces paroles : Deo gratias !

 

  • Nous avons prié les premières Vêpres de l’Assomption
  • Quelques fidèles étaient présent pour chanter avec les capucins. Le couvent est un ancien « château » vinicole et la chapelle en était la cave.

    Je mettrais plus tard un post dédié à Morgon, probablement à l’occasion du premier anniversaire de leur troisième fondation à Pontchardon.

     

    http://www.introibo.fr/14-08-Vigile-de-l-Assomption
    Instaurée sous Serge Ier (687-701), rétablie sous Léon IV en 847 (de même que l’Octave), la vigile de l’Assomption est une des plus solennelles de l’année liturgique et la plus importante des vigiles mariales (la seule à subsister à la suppression des vigiles sous Pie XII et Jean XXIII).
    Selon l’ancien code de droit canon (1917), aujourd’hui : jeûne et abstinence (can. 1252 §2).

     

    • La M.I. fondée par St Maximilien Kolbe et se perpétue dans le respect de l’esprit de son fondateur au couvent des capucins de Morgon

     

    • une fiche au format 46 avec des formules de consécration à réciter

     

    • citation du curé d’Ars sermon pour le Premier dimanche de carême, premier sermon sur les indulgences.

    disons mieux, il est très difficile qu’un chrétien, quelque mauvais qu’il soit, périsse s’il a le bonheur d’être de quelque confrérie et s’il fait quelque prière : comme nous le voyons dans l’histoire, où tant de pécheurs se convertissent d’une manière miraculeuse.
    Quand je vois un chrétien qui n’est d’aucune confrérie, je ne sais sur quoi m’appuyer pour espérer son pardon ; mais si un pécheur a le bonheur d’être de quelque confrérie, j’ai toujours l’espérance, malgré qu’il soit mauvais, que tôt ou tard les prières des autres confrères obtiendront du bon Dieu la grâce de son retour.

     

    et la M.I. par la consécration à Marie qu’elle vise à réaliser, n’est pas la moindre des confréries.

    Nous voudrions appartenir tellement à l’Immaculée, qu’il ne reste rien en nous qui ne lui appartienne, afin que nous soyons comme anéantis en elle, que nous soyons changés en elle, que nous soyons “transsubstantiés” en elle, qu’il ne reste plus qu’elle… Que nous soyons à elle, comme elle est à Dieu

    (Lettre 12. IV.1933).

     

    Toute consécration à Marie, même celle de saint Grignion de Montfort, participe de l’esprit de la M.I. Si quelqu’un veut chercher quelque différence, il doit approfondir les expressions “comme votre bien et votre propriété”. On peut encore dire que l’esclave (expression de Grignion) a quelque droit personnel, mais on ne peut pas le dire de “bien” de “propriété”. Et si on peut trouver d’autres expressions qui vont davantage dans le sens du sacrifice de soi et de l’oblation, de telles expressions seront encore plus conformes à l’esprit de la M.I. Car les expressions serviteur, fils, esclave, bien, propriété, sont belles ; mais nous voudrions quelque chose de plus, nous voudrions être à elle (l’Immaculée) sans aucune limitation alors, en incluant toutes ces expressives dénominations et d’autres qu’on pourra encore trouver, un mot les unifie toutes : Etre-à-l’Immaculée

    (Lettre 12. IV. 1933).

     

    Dans la M.I., il convient de bien distinguer deux choses l’essence et les choses accidentelles. A l’essence n’appartient pas telle ou telle forme d’organisation, mais la consécration de soi-même à l’Immaculée, consécration inconditionnelle et illimitée ; l’amour de l’Immaculée, jusqu’au rayonnement extérieur de soi, à tel point que les âmes qui nous entourent soient embrasées par ce feu

    (Lettre 13. XII. 1938).

     

    genuísti qui te fecit, et in ætérnum pérmanes Virgo.

    Fichier audio à écouter ou télécharger :
    Explication de l’Ave Maria par St Thomas d’Aquin 4/4

    IV
    Explication de la salutation de sainte Elisabeth

    Vous êtes bénie entre toutes les femmes

     

     

    [La salutation angélique comprend trois parties.
    L’Ange compose la première.

    La deuxième partie est l’œuvre d’Elisabeth,

    et l’Eglise a ajouté la troisième partie : Marie.]

     

     

    14. Trois malédictions furent en effet, à cause du péché, portées par Dieu contre les hommes.
    La première fut prononcée contre la femme.
    En vertu de cette malédiction, celle-ci devait porter ses enfants avec peine et les enfanter dans la douleur.
    Mais la Bienheureuse Vierge ne fut pas soumise à ces peines. Elle conçut en effet le Sauveur sans corruption, le porta allègrement et l’enfanta dans la joie.
    A Elle s’applique excellemment la parole d’Isaïe (35, 2) : La terre germera, elle exultera, elle chantera des louanges.

    15. La deuxième malédiction fut prononcée contre l’homme :
    en voici la teneur (Gn 3, 19) : A la sueur de ton visage, tu mangeras ton pain.

    La Bienheureuse Vierge fut exempte de cette peine. Comme le dit l’Apôtre, en effet (1 Co 7, 32-34) : Les Vierges sont affranchies des soucis de ce monde ; elles vaquent à Dieu seul.

    16. La troisième malédiction fut commune à l’homme et à la femme. En vertu de cette malédiction, l’un et l’autre doivent retourner à la poussière.

    La Bienheureuse Vierge en a été également préservée ; elle fut en effet enlevée au ciel avec son corps. Nous croyons en effet qu’elle a été ressuscitée après sa mort et emportée au ciel. Aussi lui applique-t-on très justement ces paroles (Ps, 131, vers. 8) : Levez-vous, Seigneur, pour le lieu de votre repos, vous et l’arche de votre sainteté.

    17. La Vierge fut donc exempte de toute malédiction et Bénie entre les femmes (Luc 1, 28 et 42). Elle seule, en effet, leva la malédiction, apporta la bénédiction et ouvrit les portes du paradis.

    A ce titre le nom de Marie lui convient. Marie signifie en effet « Etoile de la mer ». Comme les navigateurs, par l’étoile de la mer, sont conduits vers le port, ainsi, par Marie, les chrétiens sont conduits vers la gloire.

    Le fruit de vos entrailles est béni

    18. Le pécheur cherche parfois dans quelque chose ou quelqu’un ce qu’il ne peut obtenir, mais que le juste, lui, obtient. La richesse du pécheur est gardée pour le juste, disent les Proverbes (13, 22). Ainsi Eve rechercha un fruit, sans trouver en lui la satisfaction de ses désirs.

    La Bienheureuse Vierge, au contraire, trouva dans son fruit tout ce qu’Eve désira.

    19. Eve, en effet, désira dans son fruit trois choses.

    Elle désira y trouver d’abord sa déification et celle d’Adam, promise mensongèrement par le diable. Vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal, lui dit ce menteur (Gn 3, 5).

    Le diable mentit, parce qu’il est menteur et père du mensonge (cf. Jn 8, 44).

    Et par la manducation du fruit, Eve, loin de devenir semblable à Dieu, lui devint dissemblable. Par son péché, en effet, elle s’éloigna de Dieu, son Sauveur, et c’est pourquoi elle fut expulsée du paradis.

    La Vierge bienheureuse, au contraire, trouva sa déification dans le fruit de ses entrailles.

    Par le Christ, en effet, nous nous unissons à Dieu et lui devenons semblables. Lorsque Dieu se manifestera, dit saint Jean (1 Jean 3, 2), nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu’il est.

    20. Eve, en second lieu, désira trouver dans son fruit la joie de la délectation, car, dit la Genèse (3, 6), ce fruit était bon à manger.

    Mais elle ne l’y trouva pas ; dès qu’elle l’eut mangé en effet, elle prit conscience de sa nudité et la douleur entra dans sa vie.

    Dans le fruit de la Vierge, au contraire, nous trouvons la suavité et le salut. Celui qui mange ma chair, dit en effet le Seigneur (Jn 6, 5), possède la vie éternelle.

    21. En troisième lieu, enfin, le fruit d’Eve était séduisant à voir (Gn 3, 6).

    Mais combien plus beau est le fruit de la Vierge, sur lequel les Anges désirent plonger leur regard (cf. 1 Pierre, 1, 12). C’est le plus beau des fils des hommes, dit le Psalmiste (Ps 44, 3), parce qu’il est, déclare saint Paul (He 1, 3), la splendeur de la gloire de son Père.

    Eve ne put donc trouver dans son fruit ce qu’aucun pécheur ne trouvera dans ses péchés.

    Aussi tout ce que nous pouvons désirer, recherchons-le dans le fruit de la Vierge.

    [sta expose la triple bénédiction de ce fruit de la Vierge]

    22. Ce fruit de la Vierge Marie est béni de Dieu.

    Dieu, en effet, l’a tellement rempli de grâce, que sa venue à nous rend déjà honneur à Dieu. Béni soit Dieu et le Père de Notre Seigneur Jésus Christ, déclare saint Paul (Eph 1, 3), dans le Christ, il nous a bénis de toutes les bénédictions spirituelles.

    Ce fruit de la Vierge est béni des Anges.

    L’Apocalypse (7, 11-12) nous montre, en effet, les Anges, tombant la face contre terre et adorant le Christ, par ces chants : La louange, la gloire, la sagesse, l‘action de grâces, l’honneur, la puissance et la force soient à notre Dieu dans les éternités d’éternités. Amen.

    Le fruit de Marie est aussi béni des hommes

    car, dit l’Apôtre, toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. (Cf. Phil 2, 11). Et le Psalmiste lui-même (Ps. 117, 26) le salue en ces termes : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.

    Ainsi donc la Vierge est bénie, mais son fruit l’est encore bien davantage.

    Fichiers audio-s : http://www.archive.org/details/Saint_Thomas_d_aquin_exposition_sur_ave_maria
    Texte complet : http://www.scribd.com/doc/62213845/Saint-Thomas-Aquin-Ave-Maria

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    Explication de l’Ave Maria par St Thomas d’Aquin 3/4

    [Il ne convenait donc pas que l’Ange s’inclinât devant l’homme, jusqu’au jour

    où parut une créature humaine, surpassant les Anges par

    sa plénitude de grâce (cf. nn° 5 à 10),

    par sa familiarité avec Dieu (cf. n° 10)

    et par sa dignité.

    Cette créature humaine fut la bienheureuse Vierge Marie.

    Dans ce paragraphe nous verrons le premier caractère qui la fait surpasser les anges : la Plénitude de grâce et la B. V. la possède à trois titres :

    -Quant à la grâce qu'elle reçue en plénitude : puisque Dieu la donne pour deux motifs, à savoir pour faire le bien et pour éviter le mal.

    -Quant à la manière dont elle l'a reçue dans son âme : en plénitude et elle se manifeste dans le rejaillissement de la grâce de son âme sur sa chair et sur tout son corps.

    -Enfin dans une plénitude comme surabondance : au point de répandre de sa plénitude sur tous les hommes.]

    II

    le seigneur est avec vous

    11. En second lieu, la sainte Vierge surpasse les Anges par son intimité avec le Seigneur.

    L’Archange Gabriel reconnut cette supériorité, lorsqu’il lui adressa ces paroles : Le Seigneur est avec vous.

    C’était dire à la Vierge : Je vous vénère et je confesse que vous êtes plus proche de Dieu, que je ne le suis moi-même : Le Seigneur, en effet, est avec vous. [seigneur entend trois choses]

    Le Seigneur Père est avec Marie, puisqu’il ne se sépare pas de celui qui est son Fils et que Marie le posséda comme nulle créature, fût-elle angélique. Dieu en effet lui envoya dire par l’Archange Gabriel (Luc 1, 35) : L’Enfant saint qui naîtra de vous sera appelé Fils de Dieu.

    Le Seigneur Fils est avec Marie, puisqu’il repose en son sein.

    Aussi on peut lui appliquer, à elle, mieux qu’à toute autre créature, ces paroles d’Isaïe (12, 6) : Exultez, Maison de Sion ; le saint d’Israël en effet, est grand au milieu de vous.

    Le Seigneur ne demeure donc pas de la même manière avec la Bienheureuse Vierge et avec les Anges. Il est avec elle, comme son Fils ; avec eux, il demeure, comme leur Seigneur.

    Le Seigneur Esprit-Saint est avec Marie, comme dans le Temple, où il opère. L’Archange lui avait annoncé (Luc 1, 35) : L’Esprit-Saint viendra sur vous. Marie conçut donc par l’effet du Saint-Esprit ; aussi nous l’appelons : « Temple du Seigneur » et « Sanctuaire de l’Esprit-Saint » (cf. Liturgie des fêtes de Notre-Dame).

    La bienheureuse Vierge Marie jouit donc d’une intimité plus grande avec Dieu que la créature angélique.

    Avec elle, en effet, est le Seigneur Père, le Seigneur Fils, le Seigneur Esprit-Saint, là Trinité toute entière.

    C’est pourquoi la sainte Eglise lui chante : « Vous êtes le digne Trône de toute la Trinité. »

    Assurément cette parole : Le Seigneur est avec vous est la parole la plus noble, la plus louangeuse, qui puisse être adressée à la Vierge.

    Marie

    12. La Vierge est, en effet, la Mère du Souverain Seigneur, et donc elle-même Souveraine.

    Aussi ce nom de Marie qui, en syriaque, signifie précisément Souveraine, lui convient-il parfaitement.

    III

    pureté

    13. En troisième lieu, la Vierge a surpassé les Anges en pureté.

    Non seulement, en effet, elle posséda en elle-même la pureté, mais encore elle procura la pureté aux autres.

    Et d’autre part, elle fut parfaitement pure et de tout péché, car cette Vierge fut préservée du péché originel et elle ne commit aucun péché mortel ou véniel, et de toute peine, elle fut pure.

    Fichiers audio-s : http://www.archive.org/details/Saint_Thomas_d_aquin_exposition_sur_ave_maria
    Texte complet : http://www.scribd.com/doc/62213845/Saint-Thomas-Aquin-Ave-Maria

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    Explication de l’Ave Maria par St Thomas d’Aquin 2/4

    II

    Pleine de grâce

    [Il ne convenait donc pas que l’Ange s’inclinât devant l’homme, jusqu’au jour où parut une créature humaine, surpassant les Anges par

    • sa plénitude de grâce (cf. nn° 5 à 10),
    • par sa familiarité avec Dieu (cf. n° 10)
    • et par sa dignité.

    Cette créature humaine fut la bienheureuse Vierge Marie.

    Dans ce paragraphe nous verrons le premier caractère qui la fait surpasser les anges : la Plénitude de grâce

    et la B. V. la possède à trois titres :

    -Quant à la grâce qu'elle reçue en plénitude : puisque Dieu la donne pour deux motifs, à savoir pour faire le bien et pour éviter le mal.

    -Quant à la manière dont elle l'a reçue dans son âme : en plénitude et elle se manifeste dans le rejaillissement de la grâce de son âme sur sa chair et sur tout son corps.

    -Enfin dans une plénitude comme surabondance : au point de répandre de sa plénitude sur tous les hommes.]

    5. Premièrement, la Bienheureuse Vierge surpassa tous les Anges, par sa plénitude de grâce.

    Pour manifester cette prééminence, l’Archange Gabriel s’inclina devant elle et lui adressa ces paroles : Vous êtes pleine de grâce, ce qui revenait à lui dire : Je vous révère, parce que vous me surpassez par votre plénitude de grâce.

    6. On peut envisager la plénitude de grâce de la Bienheureuse Vierge de trois manières.

    A. En premier lieu, son âme possède toute la plénitude de la grâce.

    Dieu donne la grâce pour deux motifs, à savoir pour faire le bien et pour éviter le mal.

    A ce double point de vue, la Bienheureuse Vierge fut favorisée de la grâce la plus parfaite.

    a) Car elle évita le péché, mieux que tout autre saint, après le Christ.

    Le péché en effet est soit originel soit actuel, mortel ou véniel.

    La Vierge fut préservée du péché originel, dès le premier instant de sa conception, et elle demeura toujours étrangère à tout péché mortel ou véniel.

    Aussi est-il dit à son sujet dans le Cantique des Cantiques (4, 7) : Vous êtes toute belle, mon amie, et sans tache aucune.

    « Hormis la Sainte Vierge, dit saint Augustin dans son livre de la nature et de la grâce, tous les saints et les saintes, durant leur vie terrestre à la question suivante : « êtes-vous sans péché ? » se seraient écriés d’une voix unanime : « Si nous disions : Nous sommes sans péché (cf. 1 Jn 1, 8), nous nous tromperions nous-mêmes et la vérité ne serait pas en nous. » La Vierge sainte, elle, fait exception. Pour l’honneur du Seigneur, quand il s’agit du péché, je veux qu’il ne soit jamais question d’Elle. Nous le savons en effet, à elle il fut donné une grâce plus abondante pour triompher complètement du péché. Elle mérita de concevoir Celui qui assurément ne fut souillé d’aucune faute. »

    Mais le Christ surpassa la Bienheureuse Vierge.

    Sans doute, l’un et l’autre furent conçus et naquirent sans le péché originel. Mais Marie, contrairement à son Fils, y était soumise de droit.

    Et si elle en fut de fait totalement préservée, ce fut par une grâce et un privilège singulier du Dieu Tout-Puissant, et en vue des mérites de son Enfant, Jésus-Christ, Sauveur du genre humain.

    7. b) La Vierge accomplit également les œuvres de toutes les vertus.

    Les autres saints excellèrent en quelques-unes d’entre elles. Celui-ci fut humble, celui-là fut chaste, cet autre miséricordieux. Aussi les offre-t-on comme modèles de ces vertus particulières. Par exemple, on présente saint Nicolas comme modèle de la miséricorde.

    Mais la Bienheureuse Vierge, elle, est le modèle et l’exemplaire de toutes les vertus. En Elle, vous trouvez un modèle d’humilité. Ecoutez ses paroles (Luc 1, 38) : Voici la servante du Seigneur. Et encore (Luc 1, 48) : Le Seigneur a regardé la bassesse de sa servante. Elle est aussi un modèle de chasteté ; de son propre aveu en effet elle ne connaît pas d’homme (cf. Luc 1, 34). Et comme il est facile de le constater, elle donne l’exemple de toutes les vertus.

    La Bienheureuse Vierge est donc pleine de grâce et pour faire le bien et pour éviter le mal.

    8. B. En deuxième lieu, la plénitude de grâce de la Vierge sainte se manifeste dans le rejaillissement de la grâce de son âme sur sa chair et sur tout son corps.

    Que les saints jouissent d’une grâce suffisante pour la sanctification de leur âme, c’est déjà un grand bienfait.

    Mais l’âme de la Bienheureuse Marie, elle, possède une plénitude de grâce telle qu’elle rejaillit de son âme sur sa chair, et que, de cette même chair, elle conçut le Fils de Dieu.

    « Parce que l’amour du Saint-Esprit, dit Hugues de Saint-Victor, brûlait dans le cœur de la Vierge avec une ardeur singulière, il opérait clans sa chair des merveilles si grandes, que d’Elle naquit un Homme-Dieu, conformément au message de l’Ange à cette Vierge sainte (Luc 1, 35) : Un Enfant saint naîtra de vous et sera appelé Fils de Dieu.

    9. C. En troisième lieu, la Bienheureuse Vierge fut pleine de grâce, au point de répandre de sa plénitude sur tous les hommes.

    Que chacun des saints possède une grâce suffisante au salut de beaucoup d’hommes, c’est chose considérable. Mais si un saint était doté d’une grâce capable de sauver toute l’humanité, il jouirait d’une abondance de grâce insurpassable.

    Or une telle plénitude existe

    dans le Christ

    et dans la Bienheureuse Vierge.

    En tout péril, en effet, vous pouvez obtenir le salut de cette glorieuse Vierge.

    C’est pourquoi l’Epoux, dans le Cantique des Cantiques (4, 4), lui chante : Votre cou est pareil à la tour de David, bâtie pour serrer les armes ; mille boucliers, c’est-à-dire mille remèdes contre les dangers, y sont suspendus.

    En toute action vertueuse également, vous pouvez bénéficier de son aide. Car en moi, dit-elle, vous trouverez toute l’espérance de la vie et de la vertu (Ecclésiastique 24, 25).

    Marie

    10. La Vierge, pleine de grâce, surpasse donc les Anges, par sa plénitude de grâce. C’est pourquoi elle est appelée Marie à juste titre.

    Ce nom signifie en effet « illuminée intérieurement ». Aussi à Marie s’appliquent parfaitement les paroles d’Isaïe (58, 11) : Dieu remplira votre âme de ses splendeurs.

    Le nom de Marie veut dire également « illuminatrice des autres » dans tout l’univers. C’est pourquoi Marie est à bon droit comparée au soleil et à la lune (cf. Cant 6, 9).

    Fichiers audio-s : http://www.archive.org/details/Saint_Thomas_d_aquin_exposition_sur_ave_maria
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    Explication de l’Ave Maria par St Thomas d’Aquin 1/4

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    1. La salutation angélique comprend trois parties.

    L’Ange compose la première.

    Voici ses paroles, d’après la Vulgate : Je vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, Vous êtes bénie entre les femmes (Luc 1, 28).

    La deuxième partie est l’œuvre d’Elisabeth, la mère de saint Jean-Baptiste ;

    celle-ci s’exprima ainsi : Béni est le fruit de vos entrailles (Luc 1, 42).

    L’Eglise a ajouté la troisième partie : Marie.

    L’Ange, en effet, n’a pas dit : Je vous salue, Marie, mais : Je vous salue, pleine de grâce.

    Ce nom de Marie, par sa signification, comme on le verra plus loin, s’harmonise

    avec les paroles de l’Ange Gabriel.

    I

    Je vous salue

    2. Dans l’antiquité, l’apparition des Anges aux hommes constituait un événement d’une très grande portée et les hommes tenaient pour un honneur inestimable de pouvoir témoigner aux Anges leur vénération.

    Aussi l’Ecriture loue-t-elle Abraham d’avoir donné à des Anges l’hospitalité et de les avoir traités avec beaucoup d’honneur.

    Mais qu’un Ange se fût incliné devant une créature humaine, on ne l’avait jamais entendu dire, avant que l’Archange Gabriel eut exprimé sa vénération à la Bienheureuse Vierge par ces paroles : Je vous salue.

    3. Si, dans l’antiquité, l’homme révérait l’Ange et l’Ange ne révérait pas l’homme, la raison en était la supériorité de l’Ange par rapport à l’homme.

    Cette supériorité se manifeste de trois manières.

    Premièrement, l’Ange est supérieur à l’homme en dignité, du fait de sa nature spirituelle.

    Il est écrit en effet (Ps. 103, 4) : D’êtres spirituels (et incorruptibles), Dieu a fait ses Anges.

    Mais l’homme, lui, est d’une nature corruptible.

    C’est pourquoi Abraham disait à Dieu (Gn 18, 27) : Je parlerai à mon Seigneur, moi, cendre et poussière.

    Il ne convenait pas qu’une créature spirituelle et incorruptible rendît hommage à une créature corruptible.

    En second lieu, l’Ange surpasse l’homme par sa familiarité avec Dieu.

    L’Ange, en effet, appartient à la famille de Dieu ; il se tient auprès de lui. Des milliers de milliers d’Anges le servaient et dix milliers de centaines de milliers d’Anges se tenaient en sa présence, est-il écrit au livre de Daniel (7, 10).

    Mais l’homme, lui, est comme étranger à Dieu, comme exilé loin de sa face, par le péché, suivant cette parole du Psalmiste (Ps. 54, 8) : Je me suis éloigné de mon Dieu par la fuite.

    Il convient donc que l’homme honore l’Ange, à cause de sa proximité avec la Majesté divine et de son intimité avec elle.

    En troisième lieu, l’Ange est élevé au dessus de l’homme, par la plénitude de la splendeur

    de sa grâce divine.

    Les Anges, en effet, participent avec la plus grande plénitude à la lumière divine elle-même.

    Peut-on dénombrer les soldats de Dieu, dit Job (25, 3), et en est-il un seul sur lequel ne se lève sa lumière ? Aussi les Anges apparaissent-ils toujours lumineux.

    Les hommes, eux, participent bien à cette lumière de la grâce, mais avec parcimonie et comme dans un clair-obscur.

    4. Il ne convenait donc pas que l’Ange s’inclinât devant l’homme,

    jusqu’au jour où parut une créature humaine, surpassant les Anges par

    sa plénitude de grâce (cf. nn° 5 à 10),

    par sa familiarité avec Dieu (cf. n° 10)

    et par sa dignité.

    Cette créature humaine fut la bienheureuse Vierge Marie.

    Pour reconnaître cette supériorité, l’Ange lui témoigna sa vénération par ces paroles : Je vous salue.

    Fichiers audio-s : http://www.archive.org/details/Saint_Thomas_d_aquin_exposition_sur_ave_maria
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